Il y a quelque chose d’un peu vertigineux à regarder les chiffres défiler. En 2014, trois créateurs d’entreprise sur dix en Nouvelle-Aquitaine étaient des femmes. En 2022, elles sont presque quatre sur dix. Ce n’est pas une révolution soudaine. C’est un glissement progressif, tenace, qui finit par changer le visage de toute une économie régionale.
L’Insee Nouvelle-Aquitaine vient de publier en ce mois de mars 2026 une étude fouillée sur l’entrepreneuriat féminin dans la région. Les données mobilisées couvrent trois cohortes du dispositif Sine [2014, 2018 et 2022] et permettent de suivre l’évolution dans le temps. Ce que le document dit, en creux comme en clair, c’est que l’entrepreneuriat féminin n’est plus un phénomène émergent. C’est une réalité installée, avec ses forces, ses spécificités et ses angles morts.
Mais avant de plonger dans les chiffres, il faut s’arrêter sur ce que représente vraiment l’acte de créer une entreprise pour une femme en 2022. Pour 80 % d’entre elles, c’est une première. Pas une continuité de parcours, pas la prolongation logique d’une vie d’indépendante. Un saut. Souvent depuis le salariat privé. Parfois depuis une tout autre activité. Toujours avec ce mélange de lucidité et d’audace que l’on retrouve chez celles qui choisissent de changer de cap.
39 % des créateurs en Nouvelle-Aquitaine sont des femmes : que signifie ce chiffre ?
La part des femmes parmi les créateurs d’entreprise atteint 39 % en Nouvelle-Aquitaine en 2022, contre 35 % en France métropolitaine. Quatre points d’écart, qui peuvent sembler modestes mais qui sont en réalité le signe d’une dynamique régionale singulière.
Pour comprendre pourquoi la région se démarque, il faut regarder sa structure économique. La Nouvelle-Aquitaine est une région où les secteurs historiquement féminisés — commerce de détail, santé, services à la personne — pèsent lourd. Elle accueille aussi une population active féminine…
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